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mercredi 26 février 2014

France : Pascal Mazurier Pédocriminel...


Mardi 18 février 2014 Inceste - Un traitement médiatique troublant et typique..

par Marieme Helie Lucas, sociologue et coordonnatrice de Secularism Is A Women’s Issue

Sous la plume d’un journaliste du Parisien, le 9 février, on trouve un magnifique exemple de l’abandon de la déontologie journalistique : pas d’investigation, aucune recherche, on recrache tout simplement le point de vue d’une des parties et de ses avocats dans une affaire criminelle. Le journaliste n’a pas contacté l’autre partie ni son conseil, n’a pas vérifié les faits, ni pris connaissance d’aucune des pièces versées à charge au procès.
Que le journaliste se couvre ainsi personnellement de ridicule est une chose. Mais il y a plus grave : il est loin d’être le seul et, de la gauche à la droite, la presse française a failli, publiquement, depuis un an, à l’honneur de la profession. Elle a quasi unanimement présenté le seul point de vue de l’homme accusé.
Et qui donc a été ignoré dans ce processus ? Un enfant, un très petit enfant…
De quoi s’agit-il exactement ?
Résumons nous : une petite fille de trois ans a, avec persévérance, désigné son père comme étant celui qui lui « faisait mal », « là » et « là ». Elle a persisté devant la police à plusieurs reprises, devant deux séries de plusieurs médecins, devant sa mère, devant différents psy, devant tout le monde. Elle a maintenant cinq ans et demi et elle n’a pas varié d’un iota dans ses déclarations. Ce père passe aujourd’hui en jugement à Bangalore, en Inde où vit la famille. C’est lui que la presse française défend d’une seule voix.
Il se trouve qu’il est français, employé au Consulat de France à Bangalore. Et là tout se complique.
Cet homme reçoit un soutien massif de son consulat, de son ambassade, des médias français – au point que l’avocat à Paris de la mère de la victime n’arrive même pas à faire paraître un communiqué de presse.
Le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère du Droit des femmes (hélas, Madame Vallaud-Belkacem !) ne se comportent pas mieux, qui ont requalifié de leur propre chef le crime de viol et d’inceste pour lequel cet homme est mis en examen, en « conflit conjugal », alors même qu’aucune demande de divorce n’a été introduite. Les deux ministères et la presse suivent en cela la ligne de défense des avocats français de l’accusé et Le Parisien titre donc « Un imbroglio familial terrifiant »
   
Le ministère du Droit des Femmes a ignoré les appels de phare lancés depuis plus d’un an par trois organisations internationales de femmes dont les dirigeantes ont pourtant la tête sur les épaules et trente ans d’expérience. La Présidence de la République a ignoré aussi longtemps que possible les demandes d’audience des avocats de la mère de la victime, indignés que les avocats de l’accusé aient, eux, été reçus et, selon eux, entendus. M. Hollande a finalement été contraint par la vox populi, lors de son récent voyage en Inde, de promettre égalité de traitement entre les deux parties, et il s’est finalement exécuté.
Si j’étais un journaliste français honnête ou simplement consciencieux, - sans pour autant prendre parti pour ou contre l’accusé et laissant le soin au tribunal de déterminer sa culpabilité ou son innocence -, voici quelques questions que je me serais posées et qui devraient intéresser les lecteurs et lectrices.
- Qu’affirmaient les deux séries d’examen gynécologiques subis par l’enfant (rien ne lui a été épargné !), dans deux hôpitaux différents, dont le premier immédiatement après un dernier viol ? Prenez donc la peine, journalistes soucieux de l’honneur de votre profession, de les lire : ils soulèvent le coeur et l’estomac par la précision graphique des éléments d’observation de plusieurs médecins (de « lacération vaginale » à « anus béant »). L’hôpital est formel : l’enfant a été violée et sodomisée pendant plusieurs mois. Il ne fait aucun doute qu’à trois ans, ça « fait mal », comme elle l’a répété.
Comment se fait-il donc que Le Parisien affirme à ses lecteurs que « la fillette… n’a peut-être subi aucune agression sexuelle » ? Suppose-t-on ici que les médecins des hôpitaux universitaires en Inde sont idiots, ou ignorants ? Pourquoi s’en tenir aux seuls propos de l’accusé qui « pointe du doigt les mensonges de (ma) femme » et ne pas aller voir les documents eux-mêmes ?
Quelle pourrait être la raison, plusieurs mois après les faits, que certains médecins se sont plus ou moins rétractés, ne peuvent plus rien affirmer, alors que d’autres de ces médecins se rebellent et affirment qu’ils ne changeront rien à leur compte rendu ? Se pourraient-ils qu’ils aient subi des pressions ? Et de qui ? Il semblerait, selon certain personnel de l’hôpital, qu’il y ait eu une lettre de protestation adressée à l’équivalent de leur Ordre des Médecins, mais que cette lettre ait été ensuite retirée, après que des excuses orales aient été faites par un commissaire de police indien qui aurait promis qu’il n’y aurait plus de pressions exercées sur le personnel médical.
Un journaliste digne de ce nom irait sans doute interviewer ceux des médecins qui ont refusé de changer leur compte rendu d’examen concluant au viol et à la sodomie sur l’enfant, et ceux qui ont initié la lettre de protestation auprès de l’organisation repésentant les médecins.
Au lieu de cela Le Parisien cite très exactement les propos des avocats de l’accusé et les mettent en exergue dans le texte de l’article : « Une mise en scène avec des preuves pré-constituées ». Lesquelles ?
Que se passe-t-il donc avec les tests ADN ? Non pas (citant Le Parisien) « les échantillons… apportés par (la mère) à l’hôpital » aux fins d’analyse, mais ceux prélevés sur l’enfant, par les médecins ? Les avocats de l’accusé disent que ceux-ci contiennent du « sperme (qui) n’est pas celui de son père » : ceci , selon eux, constitue « la preuve de son innocence ».
Mais dans la mesure où les échantillons ne contiennent pas non plus l’ADN de l’enfant – quelle surprise ! -, un journaliste consciencieux pourrait essayer de retracer l’aventure des échantillons, de leurs déplacements - à partir du prélèvement à l’hôpital et jusqu’au moment où ils furent versés au dossier - ; il pourrait aussi vérifier les conditions de sécurité et la garantie d’authenticité qu’on peut en déduire.
Ce même journaliste pourrait enquêter sur la visite inattendue d’un commissaire de police français qui vint, semble-t-il, de Delhi, s’entretenir avec la mère de la victime et lui demander si elle savait où étaient partis les prélèvements – renseignement qu’elle lui donna sans malice. Le même journaliste pourrait aussi vérifier auprès du ministère des Affaires étrangères pourquoi la demande d’explication de l’avocate de la mère en France, concernant le rôle de ce commissaire de police français, reste sans réponse.
Le journaliste soucieux de sa réputation pourrait aussi enquêter sur le rôle du vice-consul à Bangalore qui reçut, des mains de l’accusé alors qu’il était incarcéré depuis deux jours – est ce bien légal ? -, des chèques qui lui permirent de vider le compte commun du couple et de transférer tout l’argent dans son propre compte. Comme un bon journaliste de doit rien croire sur parole, il pourrait consulter les relevés bancaires qui en font foi.
Laissons de côté l’aspect moral de la question – la mère et les trois enfants démunis de tout du jour au lendemain, il fallut trouver du travail pour la mère, déménager vers un appartement moins cher, trouver de nouvelles écoles moins chères pour les enfants, etc…-, le journaliste pourrait peut être s’intéresser à l’utilisation qui fut faite de tout cet argent ?
En plus, le journaliste pourrait investiguer le fait que l’accusé, ayant ainsi dépouillé sa famille jusqu’au dernier centime avec l’aide du vice-consul, n’a pas versé un sou pour l’entretien de ses enfants depuis 18 mois, bien que la loi française lui en fasse l’obligation comme à tout parent et bien qu’il continue à percevoir des émoluments de ses employeurs (à quel titre, s’il n’occupe plus sa fonction ?). L’article du Parisien faisant état de son « amour pour (ses) enfants », le journaliste pourrait s’intéresser à cette apparente contradiction.
Le déséquilibre entre les époux sur la question monétaire a d’ailleurs une influence directe sur le procès : le père a de bons avocats réputés, et la mère et l’enfant ont des avocats pro bono, souvent très occupés par d’autres cas…
Le Parisien, citant l’accusé et ses avocats, écrit que « PM se bat… pour récupérer la garde de ses trois enfants que son épouse s’obstine à ne pas lui présenter malgré la décision de justice ». Pourquoi ne pas vérifier les faits, comme le ferait tout bon journaliste ? Il irait sans doute vérifier les conditions sous lesquelles l’accusé a été libéré sous caution et y trouverait un paragraphe lui interdisant d’ “entrer en contact avec les témoins” (donc, entre autres, avec sa femme et ses enfants). S’il y a une décision de justice, c’est celle-ci et sa femme s’y conforme.
Quel dommage que le journaliste du Parisien n’ait pas pris la peine de vérifier les documents de justice : la garde – temporaire, le temps de l’instruction et du procès – a été confiée à la mère, et franchement est- ce bien étonnant dans un cas de procès pour inceste ? N’est-ce pas là une procédure banale de mettre les enfants en sécurité le temps de statuer sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé ? L’Inde n’y fait pas exception et les journalistes français devraient se réjouir de cette bonne pratique.
Le dernier paragraphe de l’article du Parisien est du plus grand intérêt pour l’honnête journaliste : « Grâce à l’obstination de ses conseils, le diplomate a fini par revoir ses enfants pour la première fois depuis le déclenchement de l’affaire ». C’est hélas ! vrai : le 23 janvier, à l’occasion d’un droit de visite de la grand-mère paternelle des enfants, un juge de la Haute Cour a effectivement admis in extremis le père accusé lors de la visite, au mépris des conditions de liberté sous caution prononcées par un de ses collègues de la même Haute Cour. Ce qui est intéressant, c’est que les avocats de l’accusé (lequel n’avait jamais contesté cette provision de la liberté sous caution, alors qu’il en avait contesté d’autres) admettent ici qu’ils sont pour quelque chose dans cette infraction. L’honnête journaliste tiendrait là un bon sujet d’article : comment, par quels moyens, « l’obstination de ses conseils », a-t-elle eu raison du juge pour lui faire ainsi enfreindre une décision du procès criminel qu’il ne pouvait ignorer ?
Voici quelques-unes des questions – la liste est loin d’en être exhaustive – qu’un journaliste soucieux de l’honneur de sa profession aurait pu soulever. Hélas, on cherche en vain cette denrée rare. Et l’on trouve principalement des journalistes-la-voix-de-son-maître : la raison de la défense inconditionnelle de l’accusé, si cohérente à tous les niveaux de la hiérarchie en France, est celle que personne n’ose poser. Qu’un employé de consulat de catégorie C, qui ne jouit pas même d’immunité diplomatique, soit soutenu de telle façon du haut en bas de la hiérarchie, est, selon les termes d’un diplomate britannique « unprecedented »- « du jamais vu », « sans précédent ».
Et pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas soutenu également les enfants français de ce couple bi-national ? Le journaliste pourrait vérifier les allégations de pressions diverses, rétention de passeports des enfants (malgré promesses écrites de n’en rien faire), envoi de visites-surprises de services sociaux indiens à l’initiative du consulat français au cas où la mère serait – elle – maltraitante, etc…
Si le bon journaliste avait bien fait son travail d’investigation, peut-être aurait-il eu la surprise de se faire menacer par les avocats de l’accusé, comme l’a été l’an dernier un journaliste de RFI, qui avait tenté de ne pas présenter exclusivement le point de vue officiel – celui de l’accusé -, mais de présenter les vues des deux parties.
Dans ce cas, on pourra dire qu’il aura sauvé l’honneur de sa profession.
La petite fille, du haut de ses trois ans et demi, n’a jamais varié dans ses déclarations ; avec une remarquable endurance, elle nomme : où, quand, qui, comment. Et ce que ça lui a fait.
Mais qui la défend ? Sûrement pas les journalistes français.
Que pèse cette enfant indo-française face à la formidable machine nationale de soutien à l’accusé ? Que pèse sa mère indienne régulièrement vilipendée dans les médias français, sans qu’ils se donnent la peine de la rencontrer ?
Le risque est que l’enfant soit retournée à son père jusqu’à l’âge adulte : un sort peu enviable, au cas où il serait coupable. Comment les journalistes français peuvent-ils prendre tellement à la légère, au point de ne pas investiguer du tout et de répéter sans distance aucune les propos des avocats d’une des parties, le risque d’avoir contribué à cette éventualité ?
Dylan Farrow (fille adoptive de Woody Allen), à qui justice n’a pas été rendue, semble-t-il « pour son bien » (selon les termes du juge qui l’a jugée trop fragile psychologiquement pour supporter les horreurs auxquels les procès pour viol et inceste soumettent les victimes), vient d’avoir encore le courage de proclamer sa vérité, une vingtaine d’années après les faits.
Oui mais, à tout le moins, pendant toutes ces années, n’a-t-elle pas été confiée à la garde de celui qu’elle accuse.
Source : http://sisyphe.org/spip.php?article4682

5 février 2013 Pascal Mazurier attend beaucoup de la visite prochaine du président Hollande.

C’est depuis sa résidence de Bangalore, dans le sud de l’Inde que Pascal Mazurier a accepté de raconter, par téléphone, à Europe1.fr, le "cauchemar" qu’il vit depuis maintenant huit mois. Ce diplomate est accusé par son ex-épouse indienne d’avoir violé leur fille de trois ans.

Après avoir passé cent-vingt jours en détention provisoire, le numéro trois du consulat de Bangalore a été libéré en novembre dernier après qu’un test ADN a démontré que les traces de sperme retrouvées sur la petite fille ne correspondaient pas au sien. Il est depuis, sous contrôle judiciaire et ne peut quitter la ville.

"Inquiet pour ses enfants"

S'il se dit confiant sur le fait que la justice indienne reconnaisse le non-lieu, ce père de trois enfants est inquiet pour eux, puisque leur garde a été confiée à leur mère, qu’il juge instable psychologiquement. Il attend beaucoup de la visite de François Hollande en Inde le 14 février prochain.

"François Hollande sait très bien ce qu’il a à faire, il connaît ses dossiers. Je lui fais confiance", a confié le diplomate à Europe1.fr. "Et je sais qu’il aura à cœur de préserver la santé et l’intégrité d’enfants français", a-t-il poursuivi.


Les avocats de Pascal Mazurier se sont rendus, lundi, à l’Elysée pour évoquer le cas du diplomate et de ses trois enfants de nationalité française. Ils demandent à ce que leur garde soit confiée, en attendant que la justice indienne rende sa décision, à leurs grands-parents paternels, venus s’installer en Inde pour soutenir leur fils. Une demande qui n’a pas abouti pour le moment.
Source : http://www.europe1.fr/International/Inde-le-cauchemar-du-diplomate-accuse-de-viol-1404909/

19 Juin 2012 Après plusieurs jours d'incertitude, la police de Bangalore enfin arrêté officiel du consulat français Pascal Mazurier mardi. 

Le Français a été accusé par Suja Jones, sa femme indienne, d'abuser sexuellement de leur fille mineure.
L'arrestation est intervenue après que la police ont été officiellement informés par le ministère de l'intérieur de l'Union que Mazurier ne bénéficiait pas de l'immunité diplomatique.
La police de Bangalore enfin arrêté officiel du consulat français Pascal Mazurier mardi
La police de Bangalore enfin arrêté officiel du consulat français Pascal Mazurier mardi
La clarification est venu lundi soir. «Nous avons pris Mazurier en garde de sa résidence. Nous allons le produire devant le tribunal après l'examen médical pour la détention provisoire, «la ville de Bangalore commissaire supplémentaire de la police (Law & Order) T. Sunil Kumar, a déclaré
La police a chargé Mazurier vertu de l'article 376 de la CIB après sa femme indienne Suja Jones a déposé une plainte auprès de la police en l'accusant d'avoir abusé sexuellement de leur fille de trois et demi ans à deux reprises dans le passé récent.
Le consulat français a assuré la police de sa coopération dans le cas et l'aide à la famille de l'enfant.
«Une enquête est en cours pour que le consulat général s'étend à toute coopération de la police et des autorités en charge.
«Nous restons en contact avec la famille de l'enfant, dit un communiqué du consulat. La Commission Karnataka pour la protection des droits de l'enfant (KCPCR) a écrit à l'ambassade française le lundi, lui demandant de fournir toutes les facilités à la femme et la fille de Mazurier.
«J'ai demandé à la France d'assurer la sécurité financière à Suja Jones et la victime en plus de fournir un traitement médical nécessaire à la victime. L'ambassade a parlé à Suja et assuré une assistance en la matière, «KCPCR président Nina P. Nayak, a déclaré.
L'accusation de viol a été découverte lorsque l'épouse du fonctionnaire, qui vient du Kerala, s'approcha Enfold Inde, une organisation non-gouvernementale (ONG) à Bangalore, pour le conseil, comme elle passait par un traumatisme d'être témoin à son mari d'abuser de leur enfant.
Le lundi, la France a refusé d'intervenir dans cette affaire, soulignant que l'accusé ne bénéficie pas de l'immunité diplomatique.

Un diplomate en poste à l'ambassade française à New Delhi a déclaré Mazurier était un agent consulaire au consulat Bangalore et titulaire d'un passeport officiel et non pas une diplomatique.
«La loi indienne suivra son cours comme l'accusé ne détient pas de passeport diplomatique et ne bénéficie d'aucune immunité.
La petite fille est de nationalité française et obtenir justice selon la loi française, aussi, «le diplomate avait dit.
Le ministère des Affaires extérieures le lundi également exprimé des sentiments similaires et a donné un signal vert pour le procès de Mazurier en Inde après avoir délibéré sur la question et tous ses aspects juridiques, ouvrant la voie à son arrestation éventuelle.
Source : http://www.dailymail.co.uk/indiahome/indianews/article-2161723/Demon-father-Pascal-Mazurier-bars.html

Copains d'avant : http://copainsdavant.linternaute.com/p/pascal-mazurier
Une erreur de photographie homonyme c'est glisser dans cet article nous sommes désolé de cette erreur et souhaitons rectifier le contenue avec toutes nos excuses pour cette méprise...

AVoir :
Inde & les droits des enfants...
Monde : Ces petites filles que l’on marie (Visa pour l’image 2012).
Cohn-Bendit poursuivi au pénal pour pédophilie….
Europe : OMS : Menstruation, masturbation, éjaculation : la sexualité dès la maternelle selon l’OMS (suite).

mardi 18 février 2014

Monde : Ces petites filles que l’on marie (Visa pour l’image 2012).

La 2nde 1 (Littérature et société) et Catherine Darnaudet.

Stéphanie Sinclair est une photo-journaliste américaine. C'est en 2003 qu'elle découvre que des petites filles et des jeunes filles d'Afghanistan sont mariées à des hommes bien plus âgés qu'elles, souvent afin d'obtenir de l'argent  permettant de subvenir aux besoins de leur famille. Elle décide alors de se consacrer à ce sujet dans des pays tels que l’Afghanistan, le Yémen, l'Inde, le Népal et l'Éthiopie. Selon ses propres mots, il s'agit pour elle de «mener une enquête photographique» en «couvrant des événements bouleversants» et en s’«engageant pleinement dans cette cause». (Reportage pour le National Geographic Magazine).

Le 8 septembre 2012, les membres du festival international de Visa pour l'Image de Perpignan ont accordé à Stéphanie Sinclair le Visa d'or dans la section Magazine afin de la récompenser pour son exposition « Ces petites filles que l'on marie ».
Des photos bouleversantes présentées par la classe de Littérature et Société.

Les jeunes épouses du Yémen par Anna Hill-Sananès et Meira Zimmermann

Jeunes épouses au Yémen
Un groupe de jeunes épouses dans le village d’Al-Maras au Yemen. Toutes ces jeunes filles ont été mariées entre l’âge de 14 et 16 ans. Le mariage des enfants est illégal dans beaucoup de pays et des accords internationaux interdisent une pratique encore répandue quels que soient les continents, les langues et les religions. Ces jeunes filles sont restées timides et silencieuses jusqu’à ce qu'on en vienne à parler de l’éducation. La plupart d’entre elles ne sont jamais allées à l’école, mais toutes disent qu’elles ont encore l’espoir de recevoir une instruction.
La photographie que nous avons choisie a été prise dans le village d’Al-Maras au Yémen. Le Yémen est un pays qui se trouve à la pointe sud-ouest de l’Arabie Saoudite et dont la capitale est Sanaa. La légende indique qu’il s’agit d’un groupe de jeunes épouses. Toutes ont été mariées alors qu’elles avaient entre quatorze et seize ans et la plupart ne sont jamais allées à l’école.
Le cadrage de cette photographie correspond à un plan général et montre des personnes (jeunes filles et bébé) et un objet de la pièce dans le fond (canapé bleu). La vision est frontale. Stéphanie Sinclair cherche à décrire une réalité extérieure et à informer.
Sa démarche s’appuie sur deux notions très importantes, celle de la ressemblance et celle de la différence ou contraste. La limite entre ces deux notions peut être matérialisée par une ligne diagonale qui va du coin en haut à gauche au coin en bas à droite. Cette ligne imaginaire permet donc de faire apparaître deux triangles : celui en haut à droite avec des jeunes filles et celui en bas à gauche avec un bébé de sexe masculin.
La notion de ressemblance s’exprime de différentes façons :
Les six jeunes filles habitent dans le même pays, le Yémen, et le même village, Al-Maras.
Toutes sont des adolescentes qui ont entre quatorze et seize ans environ.
Toutes sont des épouses : elles ont été mariées presque au même âge.
La plupart d’entre elles ne sont jamais allées à l’école.
Elles sont assises l’une à côté de l’autre : on peut tracer une deuxième ligne parallèle à la diagonale centrale. Elles sont assises en enfilade, ce qui donne un effet de perspective. Le regard du spectateur peut aller de l’arrière-plan au premier plan ou inversement du premier plan à l’arrière-plan.
Elles portent toutes une burqa noire presque intégrale : on ne voit que leurs mains et leurs yeux. Elles ont les yeux marron et un trait de crayon noir, probablement parce que ce sont des épouses.
Toutes les jeunes filles regardent dans la même direction, c’est-à-dire dans la direction de la photographe, à l’exception de l’une d’entre elles, celle qui se trouve au premier plan : soit son attention a été attirée par quelqu’un ou quelque chose d’autre, soit elle est timide et pudique. C’est elle qui est la plus près de la photographe et de l’appareil-photo, ce qui peut la mettre mal à l’aise.
Leur habit identique et leur position physique ne donnent pas d’information sur leur personnalité : elles sont comme des « clones ».
Toutes ces jeunes filles ont l’air triste.
La notion de différence ou de contraste est également très importante :
À gauche de la diagonale centrale, on peut voir un bébé. Il y a donc une différence entre les personnes au niveau de l’âge et du sexe puisqu’il s’agit d’un garçon.
Ce bébé est soit un petit frère car la légende de la photo indique que ce sont de jeunes « épouses » et non pas de jeunes « mères », soit le bébé de l’une des jeunes filles car cela est tout à fait possible.
La position centrale du bébé sur la photo a une valeur symbolique : les garçons et les hommes dans ce pays  sont plus importants que les filles et les femmes. D’ailleurs, les jeunes épouses sont « derrière » le bébé.
Ses habits contrastent avec celui des jeunes filles : sa tête n’est pas recouverte, on voit son visage. Une grande partie de ses bras et son tee-shirt sont blancs, donc lumineux.
Il y a aussi un contraste entre l’attitude des jeunes épouses et celle du bébé : les jeunes épouses regardent l’objectif et posent, alors que le bébé est spontané – il est en train de jouer. Stéphanie Sinclair a indiqué que « chacune des images [du] reportage a été créée avec l’aide de ceux qui [...] vivent [dans ces communautés] ». Il y a donc une mise en scène.
Ce que le bébé a entre les mains attire tout de suite notre attention : il s’agit d’une arme. S’agit-il d’une vraie arme sans balles ou d’un jouet en plastique ? Le bébé dirige le canon vers lui. Il ne réalise pas le danger. Cependant, le message est très fort : les enfants se familiarisent très jeunes avec les armes et les manipulent. L’arme représente le pouvoir et la violence propres aux hommes. Elle a une valeur symbolique mais aussi sociale.
Enfin, cette photographie nous a beaucoup touchées. Tout d’abord, notre regard a été attiré par la rangée des jeunes épouses habillées de noir qui regardent dans la même direction et par le bébé en train de manipuler une arme. Nous savions que le port d’une burqa existait mais cela reste choquant d’un point de vue humain. Ces jeunes épouses ont notre âge, ce qui est encore plus dérangeant.
Cette photographie informe sur ce qui se passe dans un pays du monde mais elle appartient aussi aux registres de la peur et de la tristesse. Stéphanie Sinclair veut que « ces images suscitent chez le public une prise de conscience du problème ». Elle y réussit très bien et nous nous posons des questions : ces jeunes épouses sont-elles heureuses ? Quel sera leur avenir ? Vont-elles rester à la maison, voilées, et élever leurs enfants uniquement, sans pouvoir accéder à l’éducation et à la liberté ? La photographe Stéphanie Sinclair a donc su transmettre un message très fort, dans l’espoir qu’un très grand nombre de personnes réagissent face à cette urgence.

Le mari assassin par Julie Nègre et Safaa Ait Ouahman.

Afghanistan
La policière Malakai Kakar arrête Janan, 35 ans, après qu’il a tenté de tuer sa femme Jamila âgée de 15 ans. La jeune épouse a provoqué sa colère en s’enfuyant chez sa mère après avoir enduré des années de mauvais traitements de la part de son mari et de sa belle-mère. Janan s’est rendu chez la mère dans le but de tuer Jamila pour avoir quitté le domicile conjugal et a fini par larder de coups de couteau la grand-mère de Jamila qui tentait de la protéger de son corps. Jamila a été fiancée à l’âge d’un an, seulement, et mariée à 10.
Cette image nous informe que la condition des femmes en Afghanistan est terrible, l’homme domine et la  femme doit lui obéir. Elle nous montre la dure réalité du sort qui est réservé à la femme afghane et nous inspire de la pitié
Sur cette photographie, on découvre au premier plan et au centre une femme poignardée, de profil et assise. Légèrement à sa gauche, au second plan, une policière tient par le bras le mari de la victime. Tous deux sont de face. On peut les voir de la tête aux pieds. On remarque divers éléments du décor de la pièce : une fenêtre ouverte avec un rideau sur la droite au dessus de la femme, deux affiches sur le mur de gauche et plusieurs chaises qui longent le mur.
L’ensemble de la photographie est net, à part le bras avec une main floue au premier plan. On ne voit pas à quoi ressemble cette personne mais on peut voir que la policière la fixe, elle est sans doute en train de lui parler.
On remarque une ligne diagonale qui fait comme une séparation entre la femme d’un côté et le mari et la policière, de l’autre.
La scène se déroule à l’intérieur d’une pièce et dans la journée, avec une lumière naturelle qui provient de l'extérieur. En effet, la fenêtre placée au-dessus de la femme poignardée laisse rentrer la lumière dans la majeure partie de la pièce.
On remarque tout de même que plus on s’éloigne de cette fenêtre, plus la luminosité baisse mais on peut distinguer les affiches sur le mur.
La photographie est en couleurs, des couleurs froides telles que le bleu et le vert des habits de la femme, accentuées par une tache de sang rouge.
Les vêtements du couple indiquent qu’ils vivent dans un pays musulman où la religion est très pratiquée (le tchadri est le vêtement traditionnel des femmes en Afghanistan).
Le regard de la policière et du mari en direction de la personne dont on voit le bras dépasser n’est pas le même : la policière a l’air de l’écouter tandis que le mari la regarde furieusement.
La légende de cette image nous dit qu’une jeune fille de quinze ans a été poignardée par son mari car elle lui avait désobéi. Une policière demande au mari pourquoi il a fait ce geste, il lui répond : « Ici les hommes sont les rois ».
Cette image nous a extrêmement choquées. Nous nous sommes posé de nombreuses questions après avoir bien regardé la photographie et lu sa légende : comment est-on capable de poignarder sa femme sans même avoir de regrets par la suite ? Comment cet homme peut-il être fier de son acte en disant à la policière que dans ce pays, les hommes sont rois ?
Il est honteux de traiter des êtres humains de cette manière. Cette fille si jeune, d’à peine quinze ans, déjà mariée, sous les ordres de son mari beaucoup plus âgé et qui, de plus, se fait assassiner !
Stéphanie Sinclair dénonce la gravité des mariages arrangés dans ces pays, une tradition qui ne connaît pas de frontière.
En conclusion, il faut agir sans attendre en apportant à ces femmes une aide financière mais aussi politique afin de leur donner la force de combattre le mariage des petites filles à des hommes plus âgés et leur permettre d‘avoir une société meilleure où l‘égalité entre hommes et femmes régnerait.

La petite Rajani par Lou Oms

Enfance volée en Inde
Rajani, 5 ans, a été réveillée à 5 heures du matin, par son oncle qui la transporte sur son épaule pour la marier lors d’une cérémonie secrète. Le mariage des enfants est illégal en Inde, aussi les cérémonies ont-elles lieu très tôt le matin.
Premières impressions et analyse de l’image
Sur la photo que j’ai sélectionnée, on peut voir une petite fille dans les bras d’un homme. Celui-ci, que l’on voit de dos, est apparemment en train de l’emmener à l’extérieur.
Cette photo décrit une réalité et s’inscrit dans le registre pathétique. Elle a été prise en plan rapproché et sa vision est centrée et frontale.
Au premier plan, on voit la petite fille dans les bras de l’homme. La lumière provient d’en bas à droite, du côté du photographe. C’est ce qui permet, par contraste avec l’arrière-plan qui est plutôt sombre et flou et où l’on ne distingue pas ce qui se passe, de mettre les deux protagonistes en valeur.
En ce qui concerne les couleurs de cette photo, on remarque tout de suite un contraste entre le voile jaune, la chemise blanche et le fond plutôt sombre.
On peut aussi supposer que le couleur du voile de la petite n’est pas anodine puisque le jaune, en Inde, symbolise la sagesse. La couleur blanche de la chemise de l’homme représente, quant à elle, la tristesse et le deuil.
Pour finir, j’aimerais attirer votre attention sur l’expression du visage de cette petite fille et plus particulièrement sur son regard. Son œil brille, ce qui rend l’expression de son visage à la fois très touchante mais aussi extrêmement triste.
L’histoire de cette photo
La petite fille sur la photo s’appelle Rajani. Elle n’a que 5 ans et pourtant l’homme, son oncle, vient la chercher pour l’emmener sur son lieu de noce. Elle va donc se marier à l’âge de 5 ans à un homme sûrement beaucoup plus âgé qu’elle.
Cette photo a été prise au petit matin alors qu’il faisait encore nuit pour que seul, le village ait connaissance de cette union proscrite par la loi.
Les yeux de Rajani que l’on remarquait tout à l’heure pour leur brillance sont sûrement dus en partie au fait que celle-ci vient d’être réveillée par son oncle au beau milieu de la nuit.
Son joli voile jaune que je pensais destiné à la rendre encore plus belle est en fait principalement là pour ne pas qu’elle retrouve le chemin de sa maison, si elle venait un jour à s’enfuir de chez son mari.
Mon ressenti
Cette photographie et cette exposition « Ces petites filles que l’on marie » m’ont touchée et m’ont permis de me rendre compte de la condition des jeunes filles dans certains pays.
Elles sont traitées comme des objets, des animaux ou des esclaves, mais sûrement pas comme des femmes ! Ces femmes sont tout juste bonnes à s’occuper de la maison (faire le ménage, la cuisine...), de leur mari et à faire des enfants qu’elles devront élever ensuite. Elles doivent obéir à des hommes qui se prennent pour des « rois » et qui ne leur offrent même pas d’amour.
Visée du photographe
Stéphanie Sinclair a voulu, à travers ce photoreportage, faire réagir le plus de monde possible sur la condition des femmes ou en l’occurrence des jeunes filles.
Elle dénonce les mariages précoces qui existent toujours malgré leur interdiction, la « vente » de jeunes filles à marier, les femmes considérées comme des objets, et l’absence d’amour dans ces mariages...
Et je pense qu’elle a réussi. Cette sortie à Visa pour l’image m’a permis de me rendre compte de la condition des jeunes filles dans certains pays. Je suis très heureuse d’y avoir participé car elle m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses que j’ignorais.
J’espère pouvoir y retourner l’an prochain afin de réitérer cette très enrichissante expérience.

Mia Garcia et Jodie Jampy ont aussi choisi « l’enfance volée » de la petite Rajani

Cette photographie représente une petite fille de cinq ans, Rajani. Elle est dans les bras de son oncle et la scène se déroule en Inde du Nord. Son parent l’a réveillée en pleine nuit afin qu’elle se rende à son propre mariage. Bien sûr, ce n’est pas elle qui a décidé de son union, elle est arrangée, car, en Inde, la naissance d’une petite fille est vécue comme un fardeau. On ne peut pas payer son éducation, considérée comme inutile... C’est pourquoi elles sont mariées extrêmement jeunes afin de débarrasser les parents pauvres d’une bouche supplémentaire à nourrir.
Cette image raconte une histoire tragique parmi d’autres, un drame devenu banal tant il est courant. On sait d'ores et déjà que le destin de la fillette est scellé. La gravité du thème abordé contraste avec les couleurs vives et joyeuses dans le décor et sur les vêtements de la petite Rajani. On peut voir du jaune, du rose, du blanc, des couleurs vives représentant habituellement le bonheur.
Au premier plan, et centrés, l’oncle et sa nièce. On est tout de suite attiré par le regard de Rajani, sombre, mais pas triste, car elle n’a pas conscience, à cause de son jeune âge, de ce qu’il se passe. C’est simplement l’œil d’une fillette fatiguée. On regarde également son bracelet, un petit bijou commun, adapté à son âge. Elle ne porte pas de parure de mariée.
Au second plan, et en flou, le reste des invités faisant la fête. Cette photographie est prise en plan rapproché, pour que l’œil soit happé par le sujet central. La lumière est également concentrée sur Rajani. La cérémonie se déroule le soir car dans ce pays, les unions précoces sont interdites mais encore très pratiquées, comme le précise, dans son commentaire, la journaliste américaine.

Nous avons choisi de parler de l’histoire de Rajani, car ses cinq ans sont extrêmement choquants. Habituellement, les mariages précoces se font autour de l’âge de treize ans et, dans cette situation, la petite fille voit tout encore avec des yeux d’enfant. Elle ne comprend pas la signification de ce mariage, qu’elle voit comme une grande fête.
Elle n’aura jamais le droit de choisir, de penser par elle-même, ne connaîtra jamais la liberté et c’est en cela que la condition de la femme est déplorable dans ces pays. Rajani n’est pas un cas isolé.
D’autre part, tous les ans, 14 millions de filles entre 14 et 19 ans deviennent mères en raison de la pression familiale qui les oblige à avoir un enfant dès leur mariage, malgré les risques pour leur santé. Les filles de 15 ans ont 5 fois plus de risques de décéder lors de l’accouchement que les femmes de 25 ans. Si elles ne décèdent pas, elles peuvent souffrir de graves complications.
Cette édition du festival international de photojournalisme de Perpignan nous a montré que chaque jour, dans le monde, d’atroces événements se passent, et que ces phénomènes ne sont pas connus. Cette exposition fut un choc et nous espérons pouvoir nous rendre à d’autres événements comme celui-ci pour que ces sujets ne restent pas inconnus du grand public.

La petite fiancée afghane par Camille Larbi et Etienne Durel

Afghanistan, Ghula, 11 ans
Portrait de Faiz Mohammed, 40 ans, et Ghulam, 11 ans, bientôt mariés, chez la petite fille dans un village de la province de Ghor. Comme on lui demandait ce qu’elle éprouvait ce jour-là, la petite fille, perdue, répondit : « Je ne connais pas cet homme. Qu’est-ce que je dois éprouver comme sentiments ? »
Les mariages forcés existent dans le monde depuis longtemps. Cependant, la culture occidentale et l’Organisation des Nations Unies voient aujourd’hui le mariage forcé comme une atteinte aux droits de l’homme, puisqu’il viole le principe de liberté et d’autonomie des individus.
Les femmes en sont les victimes les plus connues mais les hommes sont aussi forcés de se marier au nom de la fierté familiale, du souhait des parents ou par obligation sociale. Malheureusement, c’est encore un problème commun en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l’Est. Dans certains pays, il s’accompagne de l’enlèvement de la future mariée, notamment au Kirghizistan.
Beaucoup de conséquences dramatiques en découlent pour ces jeunes filles, comme des rapports sexuels et des grossesses non désirés, des violences conjugales, des pertes d’autonomie et de liberté. Il est difficile de faire quelque chose contre ces nombreux mariages forcés, mais il n’est jamais trop tard pour prendre conscience des atrocités de la vie qui nous entourent.
Une photo parmi toutes les autres a attiré notre attention, c’est celle où l’on peut voir un homme âgé assis à coté d’une enfant dont il pourrait être le grand-père. Or, c’est tout le contraire, cette petite fille va devenir l’épouse de cet homme.
Quand on regarde cette photo, on ressent tout de suite la peur et le rejet qu’elle éprouve envers lui. Son regard en coin, son visage crispé et ses distances à son égard.
Cette jeune fille est habillée d’une robe verte, et sa tête est recouverte d’un tissu rose. L’homme est, lui, vêtu d’une chemise et d’un pantalon blancs, et il porte un turban blanc dans ses cheveux. Son visage ne montre pas d’expression particulière, on ne peut pas vraiment dire ce qu’il ressent, ou bien ce qu’il pense. Et c’est malheureux, car ce jour devrait être le plus beau de sa vie, de même que pour elle. Ils vont se marier et sûrement ne jamais s’aimer. C’est une triste réalité.
La couleur dominante de cette photo est le rouge. Elle peut avoir deux significations car la couleur rouge se rapporte généralement à l’amour, mais peut également être la couleur de la colère, du mécontentement. Elle est donc ambiguë car elle s’impose comme une couleur chaleureuse, énergique, pénétrante et d’une certaine manière, rassurante et enveloppante. Mais d’un autre côté, on l’associe au sang, à l’enfer et à la luxure. Cette couleur chaude ne laisse donc pas indifférent et c’est là toute sa force : elle remue les passions, qu’elles soient positives ou négatives.
Dans cette photo, nous observons deux plans, le premier avec les deux personnes : l’homme et l’enfant, et en second plan : le fauteuil, le rideau et le mur. La photographe a voulu mettre en avant les deux êtres humains pour faire passer un message particulier.
Stéphanie Sinclair travaille sur les mariages des petites filles depuis 2003, tout a commencé au cours d’une enquête qu’elle a menée sur les auto-immolations en Afghanistan, et son travail est remarquable, car grâce à elle, des jeunes comme nous peuvent prendre conscience avec du recul de tout ce qu’on inflige à ces jeunes filles, comme le nombre considérable de mariages forcés en Afrique, et le grand traumatisme qu’ils occasionnent sur les filles mariées de force. C’est révoltant et inacceptable de voler à ces jeunes filles leur enfance, une des plus belles périodes de la vie. Elles sont directement confrontées à leur rôle de femme, et doivent oublier leur côté insouciant et rêveur. Que pouvons-nous faire face à cette situation ?

D’autres photographies saisissantes de beauté et d’émotion

Mejgon vendue à 11 ans à un homme de 60 pour un paquet d'héroïne
Afghanistan. Mejgon vendue à 11 ans par son père à un homme de 60 pour un paquet d'héroïne : "J'ignore ce qu'est l'amour. Je ne l'ai jamais ressenti.” a confié, en larmes, cette jeune fille de 16 ans à à Stéphanie Sinclair.
Radha, 15 ans, la veille de son mariage en Inde.
Surita, 16 ans, hurle de désespoir le jour de son mariage, tandis que sa famille l'emporte vers le domicile de son mari.
Yémen. Tahani (robe rouge), mariée à six ans, dit de son mari : « Au début, quand je le voyais, je me cachais. Je le haïssais. »
Rajani la veille de son mariage
Rajani, qui sera mariée dans la nuit, est toute fière des lunettes de soleil en plastique qu'on vient de lui offrir.
Sarita, sueur et larmes
Sarita, 15 ans, ruisselante de sueur et de larmes, s'apprête à partir vers son nouveau foyer avec son mari.
Yémen
Une toute jeune mère.

Texte de présentation pour l’exposition « Ces petites filles que l’on marie » au festival Visa pour l’image de Perpignan, édition 2012 (Reportage de Stephanie Sinclair pour le NATIONAL GEOGRAPHIC Magazine)
J’ai découvert le mariage des petites filles en 2003, au cours d’une enquête que je menais sur les auto-immolations en Afghanistan. J’ai appris avec stupeur qu’à Herat, pas moins de dix jeunes filles ou jeunes femmes avaient voulu s’immoler par le feu. Chacune de ces survivantes expliquait son geste par des raisons différentes : l’une, âgée de quinze ans, avait abîmé le téléviseur de son mari ; une autre s’était disputée avec ses beaux-parents parce que le thé qu’elle avait préparé n’était pas assez chaud ... Toutes les raisons invoquées paraissaient dérisoires par rapport à la violence de leur acte. Mais le pire, c’est que toutes n’avaient pas survécu. Au fil de mes nombreux voyages en Afghanistan, j’ai continué à mener l’enquête photographique sur ce sujet, j’ai écouté attentivement les récits de ces femmes et j’y ai décelé un dénominateur commun : toutes avaient été mariées à un âge très précoce – certaines déjà à neuf ans –, et toujours à des hommes beaucoup plus âgés.
C’est le cœur serré que j’ai photographié ces jeunes filles agonisantes, ou parfois mortes. Et je me suis interrogée sur ce que pouvait avoir été leur vie, si misérable qu’elles avaient préféré mourir, et d’une façon tellement violente. En tant que journaliste, je me devais de trouver des réponses si je voulais présenter ces images au public.
Cette même année, je me suis rendue dans un refuge à Herat, où plusieurs de ces jeunes filles m’ont fait part des traumatismes qu’elles avaient vécus. J’y ai notamment rencontré Mejgon, que son père drogué avait vendue à son futur mari quand elle avait onze ans. Elle m’a raconté comment ce mari l’avait violée, comment il avait usé et abusé d’elle, jusqu’à ce qu’elle parvienne à s’enfuir pour se retrouver au refuge d’Herat. À voix basse, les yeux pleins de larmes, elle a ajouté quelque chose que je n’oublierai jamais : « De toute ma vie, je n’ai jamais ressenti d’amour ».
C’est à ce moment précis que je me suis pleinement engagée dans cette cause. En tant que photojournaliste, j’ai eu bien souvent à couvrir des événements bouleversants, mais jamais je n’avais été confrontée à une telle solitude. J’ai serré Mejgon dans mes bras et, silencieusement, je lui ai fait une promesse, à elle et aux millions de ses pareilles.
Dans les années qui ont suivi, j’ai voyagé, en Éthiopie, en Inde, au Népal, au Yémen... Et j’ai découvert que cette tradition détestable ne connaissait pas de frontières, qu’on la retrouvait dans différents continents, langues, religions ou classes sociales. Presque toujours, j’ai été saisie de cette envie de prendre avec moi la jeune victime, de la sortir de là, de la mettre à l’abri. Mais j’ai compris que les situations étaient bien trop compliquées pour cela : nous ne sommes pas de la famille, nous ne savons pas quelles seraient les conséquences pour elle. Et comment choisir, qui sauver, parmi les quelque soixante millions de jeunes filles qui sont aujourd’hui prises au piège de ces mariages ? Où les emmener ? Comment assumer les frais de leur existence, de leur éducation ?
Toutes ces questions, restées sans réponse, n’ont fait qu’accroître ma motivation et ma détermination à poursuivre mon projet. Je voulais que ces images suscitent chez le public une prise de conscience du problème, qu’elles fassent comprendre combien il est urgent et nécessaire de travailler de concert avec ces communautés. De fait, chacune des images de ce reportage a été créée avec l’aide de ceux qui y vivent. Et les photos n’ont été prises qu’avec l’autorisation des tuteurs, parents, ou maris de ces jeunes filles. Une mère afghane, bouleversée par les fiançailles de sa fille de onze ans, s’est écriée : « Nous vendons nos filles parce que nous n’avons pas de quoi nourrir nos autres enfants ! » Voilà des gens qui ont besoin de notre aide, financière autant que politique. Il faut leur donner la force de combattre le mariage des petites filles dans leurs communautés : c’est une cause qui ne peut que servir leurs intérêts, car cette pratique, malfaisante pour les enfants que l’on marie ainsi, fait aussi obstacle au développement de ces sociétés.
Il y a urgence ! Il faut agir sans attendre : si rien n’est fait, cent millions de petites filles (vingt-cinq mille par jour) seront contraintes au mariage avant leurs dix-huit ans.
Stephanie Sinclair

Source : http://www.lyc-lurcat-perpignan.ac-montpellier.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=388:ces-petites-filles-que-lon-marie-visa-pour-limage-2012

AVoir :
Afrique : Arche de Zoé : L'opération "CHILDREN RESCUE".
Iran : Le mariage des enfants: l'Iran veut abaisser l'âge du mariage de 13 à 9 ans.
Nigeria: "usine à bébés" démantelée.
Maroc : Analyse des hadîths relatifs au mariage du Prophète avec Aïcha.
Arabie saoudite : Une fatwa autorise le mariage des fillettes de dix ans.
Islam & pédophilie Bacha bazi .
Inde & les droits des enfants...

jeudi 5 janvier 2012

Inde & les droits des enfants...


Un petit tour d'horizon des réalités de notre monde...
Le mariage forcé des enfants en Inde.








REPORTAGE : Au Rajasthan, une fillette est souvent considérée comme un fardeau, une bouche de trop à nourrir. Les familles préfèrent donc les marier très jeunes.