mardi 18 juin 2013

Michel Albenque Pédophile ?



2002 – Réseau Pédocriminel Albenque – Seine et Marne -
October 17, 2009
01 juillet 2002

Michel Albenque, surnommé « Tonton Mimi » comparaîtra aux assises de Melun le 3 septembre prochain. Soupçonné d’être à la tête d’un vaste réseau de pédophilie, il avait été interpellé en Roumanie.
L’affaire, instruite à Meaux, à permis l’ouverture de nombreuses mises en examen. Au total, onze accusés ont été renvoyés aux assises. Le procès, d’une envergure exceptionnelle, durera trois semaines.

Michel Albenque et ses coïnculpés abusaient d’enfants de milieux défavorisés âgés de huit à quinze ans.
La première semaine du procès du réseau pédocriminel Albenque et compagnie s’achève, plongeant la cour d’assises de Seine-et-Marne dans la perplexité. Un malaise dont s’accommodent les dix mis en examen. ” Ça se passe plutôt bien “, résumera l’un d’eux, après la déposition des trois experts chargés d’établir leur profil psychologique. Pourtant les faits sont accablants.

Dix-neuf victimes, mineurs à l’époque des faits, les accusent de viols répétés, organisés. Le dossier d’accusation présente Michel Albenque comme la tête d’un réseau impliquant plusieurs dizaines de personnes : fonctionnaires, cadres, éducateurs, médecin, etc., dans la région de Chelles. Albenque, alias ” Tonton Mimi “, leur fournissait des enfants de huit à quinze ans, issus de milieux défavorisés.

Tonton Mimi et ses complices n’hésitaient jamais à payer les loyers en retard, séjours à Disneyland, week-ends dans des palaces, au cap d’Agde… Pour un peu, les mis en examen se présenteraient comme des bienfaiteurs de l’enfance défavorisée. Dix-huit adultes avaient été mis en examen.

Il n’en reste que onze devant les assises et seuls dix comparaissent. Deux sont emprisonnés. Michel Albenque, quarante-neuf ans, extradé de Roumanie où il était incarcéré après avoir été pris en flagrant délit de viol sur mineur, et Jean-Marc Smadja, cinquante-deux ans, extradé de République tchèque où il était interné (pour des motifs similaires ?). Les autres comparaissent libres. A bien les observer, rien ne permettrait de les distinguer dans une foule.

Et les trois experts ont tenté de répondre à la question lancinante : pourquoi ces êtres sont-ils devenus des violeurs d’enfants ? Michel Albenque présente un premier parcours. Élevé dans un foyer catholique ” psychorigide ” où sexualité rimait avec tabou, il est violé à onze ans par un ami de la famille, pilier éducatif du presbytère.

Les experts démontreront qu’Albenque ne cesse de reproduire sur des mineurs ce qu’il a subi enfant. Mais d’autres mis en examen disent n’avoir subi aucun traumatisme sexuel infantile. L’examen psychologique établit qu’ils en ont subi d’autres, muets, ” les plus terribles “, dira un expert.

Tonton Mimi privilégiait les réunions où l’on s’échangeait les mineurs. Effet de groupe qui désinhibe et rend moins pesante l’interdit social. Car aucun des adultes présents n’ignore que la loi française fixe la majorité sexuelle à quinze ans et que toute relation sexuelle avec un mineur n’ayant pas atteint cet âge est assimilable à un viol, à un crime, sans que la question de son consentement ne se pose.

La défense des mis en examen, élastique, oscille entre plusieurs schémas classiques. Certains nient, d’autres admettent les faits mais argumentent sur l’absence de violence.

Leurs victimes étaient consentantes. C’étaient elles qui sollicitaient les massages, les fellations, les sodomies. Bref, c’est la faute aux enfants.

Second axe de cette défense, la remise en cause de la loi. La majorité sexuelle à quinze ans devrait être rabaissée. Leur inculpation, c’est la faute à la société qui est en retard sur les mœurs.

Conséquence logique, s’il y a des victimes, ce ne sont pas les enfants ” initiés ” mais les pauvres adultes humiliés devant une cour d’assises.

L’absence de remords et de regrets (à de rares exceptions) lors des expertises choque profondément le tribunal. Le moment n’est plus à vanter le caractère révolutionnaire des relations sexuelles transgénérationnelles, comme Albenque et d’autres le faisaient.

Aussi les voit-on, pour le procès, admettre le traumatisme qu’ils ont occasionné à leurs victimes. Même Michel Albenque découvre l’autocritique et ” bannit son passé “. Il encourt sa dix-huitième condamnation pour les mêmes forfaits.

Du box des accusés, Jean-Marc Smadja attaque un expert, coupable à ses yeux de ne l’avoir écouté qu’entre cinq et dix minutes. Du coup, c’est le principe même de l’expertise qui est en cause. ” Quand on a affaire à des problèmes de déviances sexuelles, reconnaît le docteur Dubec, une partie de l’accusation repose sur notre appréciation, laquelle se fonde sur la parole du mis en examen. Cela pose un problème d’éthique. Nous sommes mal à l’aise. ” Au-delà, l’expert est sommé de (pré)dire s’il y a risque de récidive. Quelle certitude avoir ? Quelle crédibilité apporter aux repentirs in extremis auxquels nous assistons ?

Michel Albenque se dit guéri, après avoir partagé sa cellule, en Roumanie, avec un pasteur anglican. A défaut de sermon, ce dernier l’aurait converti à l’homosexualité adulte… La semaine prochaine, la défense contestera l’existence même du réseau. La cour suivra-t-elle ce raisonnement ?

Bruxelles, le Parlement européen a fixé à trois individus le seuil définissant un réseau terroriste. Dans l’affaire Albenque, ils sont plus d’une dizaine. Et ils ne faisaient que s’échanger des enfants. Un réseau ? Vous n’y pensez pas ! Verdict prévu le 18 septembre.

Serge Garde
L’Humanité
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Pendant des années, des hommes mûrs se sont imposés au sein de familles défavorisées pour abuser de très jeunes enfants.

«Quand nous sommes arrivés dans l’appartement où il vivait, c’était innommable. Du linge sale et des détritus étaient par terre. Il y avait même des excréments. Le seul endroit propre était la chambre de l’enfant.» Alerté par deux lettres anonymes en 1996, Christian Chauvois, commandant de police, découvre Michel Albenque, 50 ans, installé chez celui qui l’accusera de l’avoir plusieurs fois violé. Pour y obtenir droit de cité, il a offert au père alcoolique du jeune Fabien une télé et un abonnement à Canal+.  «Vivre chez un de mes jeunes était un fantasme», avouera-t-il.

Chauvois découvrira plus tard, dans le box où Albenque entrepose le matériel de surveillance et d’autodéfense qu’il vend, des carnets sans ambiguïtés sur les goûts de celui que les enfants de Chelles appellent «Tonton Mimi»: «Je ne veux plus de Johann, trop grand, hélas. Je lui file 10000»; «Corps idéal»; «Petit sexe»; «Je prends Johan 2, il me fait rire».

L’enquête ira jusqu’à mettre au jour dans la cité de Chelles et au Cap d’Agde, capitale européenne de l’échangisme, un réseau de pédophiles se passant régulièrement des enfants. «C’était l’horreur», commente à son tour Muriel Detona, enquêtrice à la brigade des mineurs de Seine-et-Marne, hésitant, semblant chercher un mot mais n’en trouvant pas d’autre que celui-ci qu’elle répète, comme s’il était impuissant à exprimer ce qu’elle a ressenti. Aujourd’hui, dix hommes sont devant la cour d’assises de Seine-et-Marne, accusés d’avoir participé à ce réseau.

Un jeune garçon, Sébastien, est venu raconter comment il était devenu, à l’âge de 13 ans, un «défouloir sexuel» pour l’autre principal accusé, Jean-Marc Smadja: «Il m’a ligoté, m’a fait fumer de l’herbe, il m’a dilaté l’anus et m’a détruit de l’intérieur. Je ne pouvais plus marcher.»

A la suite de cette expérience, Sébastien s’est tourné vers la prostitution. Dix-neuf garçons parties civiles viendront, cette semaine, raconter à huis clos des faits jugés «abominables» par les enquêteurs. L’un d’eux avait alors 8 ans, un autre est sourd-muet.

Michel Albenque s’approchait d’abord des familles, sympathisait avec les parents et couvrait de cadeaux des enfants qu’il «essayait» avant de les prêter ensuite à plusieurs de ses «amis», rencontrés souvent sur des lieux de drague (gare du Nord ou foire du Trône) ou au Cap d’Agde. Puis il les appelait pour savoir s’ils étaient contents…


Photo d'illustration
Ses coaccusés parleront de «cheptel». Parmi eux plusieurs touristes sexuels, Jean-Marc Smadja (1) au Maroc et en République tchèque,  Denis Page en Thaïlande,  Albenque lui-même en Roumanie, ont déjà connu l’incarcération.


Photo d'illustration
Ils sont ainsi dix sur le banc des accusés, brochette peu glorieuse, se défaussant les uns sur les autres, niant, mettant en avant le consentement de leurs victimes, le bonheur qu’ils prétendent leur avoir apporté. Ils minimisent, contestent, courtois, bien élevés, s’exprimant généralement bien. Quoi de commun entre eux, hormis une homosexualité révélée souvent dès l’adolescence? Pas grand-chose.

Si un Emmanuel Sadoul, cadre commercial de 35 ans, affirme nettement avoir eu des tendances pédophiles et les regretter, un Denis Page, marchand de vêtements du Sentier, discute l’âge de ses victimes, comme si c’était sa confiance à lui qui avait été abusée.

Daniel Berdoyes, ancien jardinier du Sénat, dit «la Duchesse», affirme que les jeunes étaient d’accord, Jean-Max Capmarty, ancien steward de 61 ans, met en avant son histoire d’ amour avec un enfant dont il «remplaçait le père» et Bernard Seigneury, chef d’entreprise dans le secteur médical, nie tout, jusqu’à ce qu’on lui rappelle qu’il a avoué avoir «suçoté» le «mouflet» à qui il affirmait avoir rendu un service «généreux» en l’hébergeant.

L’un d’entre eux estime même qu’un petit garçon roumain, après trois semaines avec lui, était particulièrement «revigoré». A en croire les experts, aucun ne présente le moindre trouble psychiatrique, et peu éprouvent un sentiment de culpabilité. «Quand je pense qu’à notre époque on peut faire un braquage et que tout le monde s’en fout», glisse l’un d’eux l’air presque indigné à son avocat pendant une suspension d’audience…

Les deux principaux accusés jouent dans des registres opposés. Michel Albenque, un quinquagénaire grand et voûté, physique à la Droopy, ne nie pas. D’une voix neutre, il confesse de lui-même entre quarante et cinquante victimes, raconte comment, initié à l’âge de 11 ans à la sexualité, il a gardé de ces débuts le souvenir «d’années de bonheur». Il ne plastronne pas, ne se répand pas non plus en regrets, semble regarder le procès se dérouler comme avec lassitude.

Jean-Marc Smadja, lèvres minces, nez fort, coiffé d’un catogan, nie au contraire tout, au risque parfois de la vraisemblance. Volontiers larmoyant, il s’embarque régulièrement dans des justifications interminables et embrouillées, aptes à faire douter d’une intelligence pourtant qualifiée de «normale», mais est tout à coup suffisamment vif pour blesser d’une ironie grinçante un expert particulièrement cabot qui lui reproche d’être «théâtral»…

Le procès durera jusqu’au 18 septembre. Il devrait répondre à des questions qui vont au-delà de la culpabilité ou de l’innocence des prévenus, en particulier celle de savoir comment a pu prospérer ainsi un tel réseau, dans une cité où des travailleurs sociaux venaient régulièrement et où les accusés semblaient se sentir suffisamment sûrs d’eux pour ne même pas prendre la précaution de vraiment se cacher…

Hubert Prolongeau
Le Nouvel Observateur

(1) Pédophilie
Le procès des pédophiles de la cour d’assises de Seine-et-Marne a fait trembler beaucoup de monde à Marrakech. L’un des principaux accusés organisait des soirées spéciales « pédophilie » au profit du gratin local et international. Animateur de tourisme sexuel, Jean-Marc Smadja est connu au Maroc plus exactement à Marrakech où il entretenait des relations plus qu’intimes avec de nombreuses personnalités marocaines et étrangères. Pour éviter de s’enfoncer, M. Smadja a nié qu’il entretenait un réseau de pédophilie et passé sous silence ses virées fréquentes à Marrakech. La cour d’assises de Seine-et-Marne a prononcé des peines de 4 ans à 15 ans de prison jeudi dernier à Melun contre les dix complices de Smadja jugés pour pédophilie. Dans le lot,  M. Smadja a écopé de 8 ans de prison ferme.

Maroc Hebdo International – N° 526 – Du 27 sept. au 3 oct. 2002


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23 septembre 2002

«Je crains que ce procès ne soit pas l’affaire du siècle, en raison de la méchanceté des hommes ». C’est ainsi que l’avocat général, Yves Jannier, avait débuté ses réquisitions contre les dix hommes accusés de crimes sexuels. « Il ne s’agit que de la partie visible d’un iceberg criminel. Tous ces gens se connaissaient pour assouvir leurs bas instincts. »

Passant en revue les dix pédophiles, il a trouvé pour chacun un trait de caractère caractéristique.

Emmanuel Sadoul, 35 ans,, c’est le philosophe qui théorise et minimise ses actes. Tout comme « l’historien de la pédophilie », Daniel Berdoyes, 55 ans, surnommé La Duchesse. L’homme organisait des orgies entre adultes et enfants dans son logement de fonction, situé dans l’enceinte du Sénat, au jardin du Luxembourg.

Il pratiquait au choix l’amour « socratique » ou l’amour « olympique », avec les brutalités l’accompagnant.
Denis Page, 53 ans, lui qui ne quitte jamais son complet veston d’ancien cadre commercial, est considéré comme le plus beau représentant de l’action de séduction. Il venait en Porsche rouge dans les cités défavorisées du nord de la Seine-et-Marne. « Imaginez l’effet produit sur les enfants ! », a lancé Yves Jannier.

Apparence honorable

Il y a aussi Raimund Tinnes, l’Allemand de 69 ans qui a fondé le club international des jeunes naturistes : « C’est le discret, le caméléon qui se noie dans le décor pour ne pas attirer l’attention et semble surpris de se trouver là. »

Et de rappeler que derrière cette apparence d’homme paisible et honorable, il y a l’homme qui encourt 20 ans de prison pour des faits de viols sur mineurs de moins de quinze ans. « C’est le pédophile pur et dur qui se dit victime de l’incompréhension de l’Occident ».

Autre vieux monsieur, du même âge que son camarade allemand, Bernard Seigneury, adepte du Cap d’Agde : « C’est le Colonel qui ne supporte pas l’agitation et le bruit des enfants ».

L’avocat général ne s’étendra guère sur le cas de l’ancien franc-maçon Jean-Max Capmarty, 61 ans.

Ni sur celui de Claude Jaubert, 39 ans, qui fut éducateur à Meaux.

Quant à celui qui se faisait appeler « Monsieur le moniteur », Patrick Arwacher, 39 ans, il séduisait et piégeait les enfants, passant progressivement du tripotage aux viols.

Smadja et Albenque

Pour sa part, Jean-Marc Smadja, aura nié les faits jusqu’au bout. Celui qui se prétendait entraîneur du PSG et spécialiste de Roland Garros, en revendant des billets au noir, est pourtant un habitué du monde judiciaire, même s’il est souvent passé à travers les mailles du filet. « Il n’a vraiment pas de chance, a ironisé l’avocat général. A chaque fois, par erreur, il se fait arrêter par la police et condamner par un tribunal. Les caméras l’ont même filmé en Roumanie, débraillé, partageant le même logement qu’un mineur et que Michel Albenque ».

Le chef présumé du réseau, Michel Albenque, a en revanche reconnu tous les faits qui lui étaient reprochés.

Il trouvait les enfants, les sélectionnait et les testait avant de les repasser à d’autres pédophiles, tout en gardant la mainmise sur les victimes.

Aujourd’hui âgé de 51 ans, il fut lui-même abusé sexuellement dans son enfance, et a manifesté des tendances pédophiles très tôt. Il n’avait que seize ans quand il a agressé son frère cadet.

Une mère institutrice

Son avocat a d’ailleurs évoqué le climat malsain et de transgression dans lequel l’élevait sa mère institutrice. « Elle faisait des mots d’excuse et des faux bulletins médicaux quand son fils de 6 ans ne voulait pas aller à l’école », a rappelé maître Chabert.

Une mère qui a fermé les yeux sur les agissements du sacristain, ami de la famille, lequel a imposé des relations à Michel Albenque avec des enfants de chœur.

Et qui n’a jamais prononcé le moindre reproche quand son fils, devenu homme, ramenait des enfants à la maison. « Ma mère se rendait compte de la nature de ces relations mais elle acceptait tout », avait déclaré l’accusé à l’audience.

Michel Albenque, qui a reconnu avoir fait une cinquantaine de victimes, leur a demandé pardon en relisant un texte écrit dans sa cellule.

« A l’époque, je n’avais pas conscience du mal que je leur faisais. Je les ai perturbés dans leur développement. Je sais que la pédophilie est un combat inégal entre un adulte et un enfant ».

Des aveux et un pardon qui n’ont cependant pu lui éviter la plus lourde de toutes les condamnations prononcées : quinze ans de prison.

Agnès GAUDICHON

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23 septembre 2002

Le procès des dix pédophiles s’est achevé dans la nuit de mercredi à jeudi, après trois semaines d’audience et dix heures de délibéré. Les verdicts ont été prononcés à 1 h 30, devant une salle comble, cernée d’un important dispositif de sécurité.

Les jurés ont prononcé des peines de prison contre tous les accusés, certaines assorties de plusieurs années de sursis.

Trois des condamnés qui avaient déjà purgé leurs peines sont ressortis libres du palais de justice de Melun, sous escorte policière. D’autres retrouveront prochainement la liberté.

Les pédophiles sont également dans l’obligation de se faire soigner et n’auront plus le droit d’exercer des

Prison

Les plus lourdement condamnés sont Michel Albenque (15 ans de réclusion criminelle), Daniel Berdoyes (12 ans), Patrick Arwacher (10 ans), et Jean-Marc Smadja, (8 ans). L’avocat de ce dernier, Maître Bes De Berc, a déjà fait savoir qu’il faisait appel.

Les autres ne s’étaient encore pas prononcés, vendredi matin.

Après le délibéré, les réactions des avocats étaient mesurées. Mais la déception était visible pour certains d’entre eux, faisant remarquer que la cour a été clémente.

D’abord au regard du nombre de victimes recensées dans ce dossier. Et aussi par rapport aux réquisitions qui demandaient des peines plus longues pour chaque accusé, sans sursis.

«L’important, pour les victimes, c’était de reconnaître la culpabilité des accusés », a déclaré Maître Bahuchet.

Obligation de soins

Du côté de la défense, l’avocat Philippe Vignon, a estimé que l’intérêt des condamnations réside dans l’obligation des accusés de se faire soigner.

Le problème, la défense l’a assez répété durant le procès, c’est qu’il existe peu de structures pour prendre en charge ce type de déviance sexuelle.

A l’audience, plusieurs accusés avaient exprimé leur colère contre plusieurs thérapeutes spécialisés, s’estimant victimes d’incompréhension. Ils avaient notamment claqué la porte au nez du docteur Roland Coutanceau, pourtant un chef de file de cette spécialité, et du docteur Cordier, également reconnu dans la profession.

Reste à savoir si les patients ont réellement envie de se faire soigner. De nombreux experts émettent encore des réserves sur le succès d’éventuelles guérisons.

Selon d’autres avis, la thérapie n’est qu’un alibi pour certains pédophiles. Certains d’entre eux participeraient à des psychothérapies de groupe, dans le seul but de rencontrer d’autres pédophiles, afin d’échanger des carnets d’adresse.

Et donc de continuer à considérer « les enfants comme de la viande », pour reprendre l’expression de l’avocat général.

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12 mai 2003

André Estève, 50 ans, accusé de viols commis sur deux mineurs de moins de quinze ans, comparaîtra de mercredi à vendredi prochain aux assises de Melun. Il est soupçonné d’avoir évolué dans l’entourage de Michel Albenque, condamné à 15 ans de réclusion criminelle en septembre dernier à Melun.


Durant ce procès retentissant de près de trois semaines, dix hommes étaient sur les bancs des accusés pour actes de pédophilie, aux côtés de Michel Albenque, l’une des têtes dirigeantes du réseau. Un réseau international dont la plaque tournante était située dans le nord de la Seine-et-Marne, notamment dans la cité défavorisée de Chelles. Et qui avait des ramifications jusqu’en Roumanie, où Michel Albenque avait été arrêté en flagrant délit en 1996.

Rencontres pédophiles

L’enquête et l’instruction, ouvertes à la suite de lettres anonymes envoyées à la Brigade des Mineurs de Paris, avaient permis de mettre en évidence les rencontres entre amis manifestant un goût similaire pour les actes sexuels avec les jeunes garçons. Des relations entre André Estève, Michel Albenque, et d’autres pédophiles (dont l’un a été condamné à 10 ans de prison), auraient été instaurées au début des années 1990.

Selon les déclarations de Michel Albenque, c’est André Estève qui l’aurait aidé à s’implanter dans la cité des Coudreaux, à Chelles, pour faire la rencontre de jeunes garçons issus de milieux défavorisés, tant sur le plan affectif qu’économique. André Estève aurait notamment cédé un studio à l’un d’eux pour des échanges pédophiles.

A Chelles, André Estève avait créé un club de foot à caractère social. Il laissait croire qu’il était éducateur pour gagner la confiance des familles. Il organisait des sorties, offrait des cadeaux et de l’argent de poche. Le «bienfaiteur» proposait également du travail à des adolescents pour rester en contact avec eux.

Mandat d’arrêt

Devant le juge d’instruction, André Estève a d’abord reconnu deux abus sexuels commis à Chelles et à Sète, avant de se rétracter. Il aurait, au besoin, utilisé la force pour commettre certaines agressions.


Carte Naturisme Cap d'Agde
André Estève, qui avait été placé sous contrôle judiciaire en 1998, après un séjour en détention provisoire, avait disparu de la circulation. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, le suspect a été retrouvé le 7 novembre dernier au cap d’Agde. Une cité balnéaire où se situe un camp de naturistes, l’un des anciens terrains de chasse favoris des pédophiles du réseau.

Déjà condamné à deux reprises pour attentat à la pudeur et corruption de mineurs, André Estève reste présumé innocent des viols et des atteintes sexuelles jusqu’à l’énoncé du délibéré.

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19 mai 2003

Le verdict est tombé jeudi soir à l’issue de deux jours d’audience aux assises de Melun.

André Estève, 60 ans, qui habitait à Chelles, a été condamné à cinq ans de prison ferme.

Il a été reconnu coupable de viol sur deux mineurs de moins de 15 ans.

Il a le droit de faire appel. L’avocat général avait requis douze ans de réclusion.

Il s’agissait ici de la suite de l’affaire de pédophilie dite du « réseau Albenque »

«La Duchesse » avait été condamné en septembre dernier à quinze ans de prison et neuf autres comparses à des peines s’échelonnant jusqu’à douze ans.

Une vingtaine de victimes avaient, entre 1991et 1996, été attirées chez l’un ou l’autre des membres du réseau dans le nord de Seine-et-Marne.

Source: La république

Auteur: Agnès GAUDICHON