jeudi 13 décembre 2012

Alain Fauvage Juste.

Il en serait très utile pour la Cause que vous partagiez cette page sur votre Facebook, merci...
Qui est Alain Fauvage ?

Suite à trois ans de prison en section de haute sécurité dans une prison français, Alain Fauvage est en Belgique. Il a été engagé comme portier au High Life, à la rue du Pépin à Bruxelles, une boite de nuit fréquentée par des flics, des voyoux et des prostituées, qui appelaient le premier ministre "Caligula". Il était rangé depuis 30 ans, quand certains ont fait l'erreur de chercher à le mouiller dans leurs saletés. Ceux qui sortent définitivement du milieu criminel sont rares, mais si maintenant je l'ouvre, dit-il, c'est parce que ces salopards s'en sont pris à des enfants et que cela çà doit se payer!
J'étais ce qu'on appelle "un casseur". J'avais 23 ans, quand la justice française m'a condamné à trois ans sec, en haute sécurité à la Centrale de Toul. Mon voisin de cellule, était Jacques Messerine, dit "le Grand Jacques", qui sera déclaré "ennemi public n° 1" dans les années 70, célèbre pour ses braquages médiatisés et pour ses évasions. Il revenait du Canada. Il ne pouvait pas voir âme qui vive, en dehors des matons. Il ne sortait de cellule que menotté et cagoulé, pour se promener seul dans la cour, mais je l'ai vu, un jour, par accident.

La tôle transforme les ados qui n'ont pas compris les dangers de la majorité en loups enragés. Le premier qui croise notre route à la sortie, le paie cher. Ca s'appelle "le récidivisme". Les magistrats, les matons et les flics s'en moquent car ils trinquent rarement, mais les gens normaux, simples, sans identités particulière le sentent passer. J'avoue qu'il n'était pas commode de se trouver en face de moi avec un différent, durant les dix ans qui ont suivi ma libération.

Je suis arrivé en Belgique en 1970, immédiatement après ma sortie de prison, en pleine période à voile et à vapeur. Les autorités pénitentiaires n'avaient rien laissé filtrer de la révolution sexuelle de mai 68. La pédophilie était alors qualifiée de "détournement de mineurs", un sport qui consistait à séduire des adolescentes les plus jeunes possible. Le degré de moralité belge sur le plan de la fesse n'avait jamais été trop élevé, mais pas plus ni moins qu'ailleurs en Europe. La mode était aux partouzes et au déballage de toutes les formes de perversions sexuelles. Je n'ai jamais trouvé cela à mon goût, mais je ne m'occupais pas des affaires des autres. Nous étions à l'aube d'une mutation de la société, y compris de la criminalité, avec les Tueries du Brabant qui ont ensanglanté les supermarchés, avec but de tuer et non de voler, donc sans que personne ne parvienne à l'expliquer.

J'ai rencontré André, dit Dédé, qui tenait le High Life, un dit "bar à champagne" de la rue du Pépin à Bruxelles. Il m'a engagé en qualité de portier. Dédé tapait de temps en temps sur Claudine, son "petit bonbon anglais", a qui il mettait une dérouillée. Elle arrivait alors au bar avec une paire de lunette noire comme des soucoupes. Ils avaient un associé que je n'aimais pas beaucoup, un grand, 35 ans, le crâne dégarni, qui vivait à la colle avec une pute française. Il souffrait de crises de palu lors desquels il fallait l'aider en le faisant boire et il m'a été reconnaissant du secours que je lui ai apporté. Ils avaient un ami de longue date qui tenait un café rue des Carmes, le rendez-vous nocturne des taximen, un drôle de mec, un truand, qui parlait avec la voix enrouée comme s'il avait un cancer. Chacun avaient un doberman avec pedigree, Dédé avait la femelle et lui le mâle.

J'ai travaillé deux ans au High Life sans voir la moindre bouteille de champ, mais beaucoup de cidre doux à 2200 balles la bouteille, avec une belle étiquette neuve. Il y avait 600 balles pour la fille qui parvenait à convaincre le pigeon, 50 balles pour moi en plus de mon salaire fixe et le reste pour Dédé, soit environ 9000% de bénéfice. Je ne savais rien faire d'autre que de voler et me battre, mais je ne touchais pas aux putes, une branche à part du milieu, qui ne me disait rien et qu'en ce cas, on regarde sans voir.

Le High Life avait sa clientèle/personnel, soit une clientèle au regard du fisc, et un personnel au regard du commerce, en plus de filles allaient et venaient. Il y avait Sylvie, la grande gagneuse; un travelo qui rêvait d'aller se faire couper à Casa, faisait le tapin à ses heures et travaillait à la bouteille. Il y avait un couple de putes, une femme "normale" qui vivait sur un grand pied avec un travello coupé. Elles travaillaient à deux en voiture. Je me souviens d'un type avec des dollars plein la poche qui voulait se faire mettre en mettant. Mes tôliers ne voulaient pas alors ils ont été chercher le patron du bar "L'Escalier", juste en face du "Club Prince Albert", dont les clients sortaient souvent de là pour venir chez nous. C'était leur truc et ils ont pris le client.

J'ai rencontré beaucoup de flics au High Life, y compris le commissaire de la rue Marché au Charbon qui depuis, est passé à la télé. Il venait avec son copain pour, disaient-ils, savoir ce que je faisais la nuit. Ils se faisaient rincer la gueule et jouaient à la passe anglaise. J'ay ai aussi rencontré beaucoup de truands. Feu- Michel Demaret, portier, fréquentait la bande de feu-"Grand Robert". Il y avait été introduit par Frantsevich, dit "Le Beau Serge", qui tenait un restaurant et avait une fille nommée Rita, au trottoir rue de Stassart. Félix, décédé aussi, venait avec sa clique de politicards pourris, tous trop bien habillés pour les confondre à la clientèle ordinaire. Ils arrivaient en même temps qu'une autre bande, dont un petit qui avait de la famille au Maroc et se shootait en disant que là-bas, c'était normal. Ils appelaient Wilfried Martens, le Premier Ministre "Parti Social Chrétien" de l’époque "Caligula". Quand mon boss, en conversation avec Félix, s'est exclamé : "çà c'est vraiment dégueulasse!", on savait qu'une telle phrase sortie de ce genre de salaud en disait long. Paolo le barman devrait en savoir plus, car il avait assisté à la conversation.

J'ai également rencontré un chauffeur de la Gulf Oïl au High Life, renseigné par mon patron. Il cherchait quelqu'un pour "casser" le bureau du dépôt de la Gulf à Haren. J'étais bien intégré dans le milieu avec une bonne réputation. Si bonne que lorsque les flics m'ont attrapés sur "le tas", tout le bar s'est mis à trembler mais je suis tombé comme "un homme" la bouche fermée.

Ce que j'ai vu au High Life m'a écoeuré à jamais de ces gens, souvent de bonne famille qui s'associaient aux voyous pour se protéger en cas de coup dur. J'ai décidé de me ranger des voitures en 1972, pour travailler dans un garage comme pompiste laveur. Jamais je n'ai repris "la plume" ou la pince-monseigneur. J'ai travaillé comme chauffeur de bus touristique, qui faisait la navette entre l'Italie et la Belgique. J'ai retrouvé le dépôt de la Gulf Oil, qui deviendra Q8 et que j'avais cambriolé, en tant que chauffeur-livreur.

Ceux qui sortent définitivement du milieu criminel sont rares. On ne leur tend pas le micro, pour ne rien entendre sur les relations entre la pègre et la politique. On ne parle pas dans le milieu. Les pointeurs sont très mal vus parmi les voyous. J'étais rangé depuis plus de 30 ans, quand certains ont fait l'erreur de chercher à me mouiller dans leurs saletés. Et si maintenant je l'ouvre c'est parce que ces salopards s'en sont pris à des enfants et que cela çà doit se payer !
Jan Boeykens (à gauche) Giorgio Gagliardi (au centre)
et Alain Fauvage (à droite)