vendredi 20 décembre 2013

France : «Il n’y a pas d’âge pour son premier rapport sexuel»


Publié sur Le Plus, site participatif du «Nouvel Observateur», l'article a été finalement retiré après avoir été lu par 6.000 personnes...

Il n’est resté que quelques heures en ligne. Mais il a été lu par 6.000 personnes avant d’être finalement retiré. Publié jeudi soir sur Le Plus –site participatif du «Nouvel Observateur»- une contribution du gynécologue parisien Sylvain Mimoun crée, ce vendredi, la polémique.

Intitulé «Il n’y a pas d’âge pour son premier rapport sexuel», l’article, qui est toujours visible sur les réseaux sociaux, revient sur les révélations du rappeur Chris Brown, qui a confié au Guardian avoir perdu sa virginité à huit ans et être devenu, grâce à ça, «une bête de sexe».

«En consultation, des gens qui ont 50 ou 70 ans me confient qu’à un moment donné, dans leur enfance, ils ont eu une relation sexuelle avec quelqu’un de plus âgé (…) et qu’ils n’ont pas porté plainte. Parce qu’ils ne l’ont pas vécu comme un moment traumatisant», attaque d’emblée Sylvain Mimoun, dont les propos ont été recueillis par un journaliste du Plus avant d’être édités.

La rédactrice en chef du Plus: «On a commis une erreur»

Le gynécologue –qui exerce également au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)- poursuit en reconnaissant qu’une relation sexuelle peut laisser des séquelles à un enfant. «Mais celles-ci peuvent aussi bien être négatives que positives.»

Présidente de l’association L’Ange Bleu, qui vient en aide aux victimes d’agressions sexuelles, Latifa Bennari a cru tomber de sa chaise quand elle a découvert l’article. «C’est inadmissible d’écrire des trucs pareils, confie-t-elle. J’ai pris contact avec notre avocat qui va déposer plainte pour ‘’apologie de la pédophilie’’.»

Contactée par 20 Minutes, Aude Baron, rédactrice en chef du Plus, concède une erreur. «On n’aurait jamais dû publier cet article. On a commis une erreur. Le sujet est délicat. Mais ces propos n’auraient jamais dû se retrouver en ligne. C’est pour cela que nous l’avons retiré dès que nous avons constaté le problème…»

Trop tard pour éviter que plusieurs sites d’extrême droite s’emparent du sujet comme fdesouche.com ou islamisme.fr.

Le gynécologue assume ses propos

Contacté par 20 Minutes à son cabinet, Sylvain Mimoun «comprend» que ses propos aient pu choquer. Mais assume. «Il y a quelque temps, un enfant qui avait un rapport sexuel, c’était considéré comme banal», lâche-t-il, évoquant notamment les propos de Daniel Cohn-Bendit sur la mouvance post-soixante-huitarde.

«Aujourd’hui, la société crée des barrières morales. On va vers un puritanisme de plus en plus fort. On considère l’enfant comme un ange qui ne peut pas avoir de pensées sexuelles. Mais pourtant, je persiste à dire que les enfants sont préoccupés par ce sujet.»

Dans sa contribution, le gynécologue reconnaissait lui-même qu’il «pensait beaucoup au sexe» à l’âge de huit ans. «Et [ses] copains aussi…»

Article : "En consultation, des gens qui ont aujourd’hui 50 ou même 70 ans me confient qu’à un moment donné, dans leur enfance, ils ont eu une relation sexuelle (rapport ou caresses) avec quelqu’un de plus âgé, parfois un adulte. Mais ils me disent en plaisantant qu’ils n’ont pas porté plainte. Parce qu’ils ne l’ont pas vécu comme un moment traumatisant.

Bien sûr, c’est différent de jouer à « touche-pipi » avec quelqu’un de son âge. Lorsque quelqu’un de plus âgé recherche une sexualité d’adulte avec un petit garçon ou une petite fille, l’enfant peut en garder des séquelles. Mais celles-ci peuvent être aussi bien négatives que positives.

Les enfants ont un sexe

[...] Les enfants ne sont pas des anges : ils ont un sexe. Souvenez-vous de vos 8 ans. Pour ma part, je pensais beaucoup au sexe. Et mes copains aussi. Aujourd’hui, le sexe n’est pas exclu du langage et de la pensée des jeunes enfants.

En fonction de leur éducation, ils vont s’autoriser ou pas à passer à l’acte. S’ils évoluent dans un milieu acceptant, où la morale sociale ne les empêche pas d’avoir des relations sexuelles, alors ils agiront.

Ce qui est choquant, c’est d’être choqué ! Quand on dit que les enfants pensent au sexe, c’est déjà un gros mot. Pas étonnant que l’on ait vilipendé Daniel Cohn-Bendit lorsqu’il avait jugé utile la mouvance de Mai-68 pour avoir libéré la sexualité de tout le monde, y compris des enfants. Depuis, la sexualité est partout, on pense qu’elle est libre alors qu’il existe une répression de la pensée à ce sujet."
Source : http://gaelle.hautetfort.com/archive/2013/10/10/le-nouvel-obs-fait-l-apologie-de-la-pedophilie-5193307.html

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