samedi 25 janvier 2014

France : Un enfant violé tous les trois jours dans l’Hérault.


Un enfant violé tous les trois jours dans l’Hérault
Par : FRANÇOIS BARRÈRE

Un chiffre choc pour une réalité qui est certainement bien pire encore... En 2013 : 293 enfants et adolescents ont été abusés en Languedoc-Roussillon et Aveyron soit près d'un viol par jour.

Dans le maquis des statistiques de la délinquance, enregistrée en 2013 par la police et la gendarmerie, s’esquisse le portrait des violences sexuelles subies par les enfants et les adolescents du Midi de la France (1).

Un mineur violé tous les 5 jours dans le Gard

Un phénomène en forte hausse dans l’Hérault : 126 cas de viols relevés (+ 28 %), soit un mineur violé tous les trois jours dans ce département. Et cela se décline dans le reste du territoire : un tous les cinq jours dans le Gard (68 cas), un par semaine dans les P-O (55 cas). L’Aude (27 faits), l’Aveyron (14 cas) et la Lozère (3 faits) sont moins touchés.

Mais on arrive à un total de 293 victimes en Languedoc-Roussillon et Aveyron en 2013, soit près d’un viol par jour. Un chiffre à rapprocher des données nationales : 3 183 enfants et adolescents violés en 2013, soit près de neuf par jour.

"Dans 75 % des cas, cela se passe dans le cadre familial" selon Me Emmanuelle Carretero

"On peut considérer que le chiffre réel est de huit à dix fois supérieur, estime le professeur Eric Baccino, chef du service de médecine légale de Montpellier. On estime qu’une victime de violence sexuelle sur dix se signale."

Selon lui, la forte augmentation constatée l’an dernier dans l’Hérault correspond sans doute à une hausse des signalements. "Toutes les études montrent qu’il n’y a pas plus d’agressions sexuelles aujourd’hui qu’il y a vingt ou cinquante ans. Mais cela concerne 4 % des filles et 2 % des garçons. Ce sont des chiffres considérables : on ne voit que la partie émergée de l’iceberg."

Hausse des signalements

Dans l’Hérault, comme dans d’autres départements, les gendarmes ont créé une brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ), qui a notamment pour mission d’entendre les enfants victimes de viols et d’agressions sexuelles. C’est ce service qui a vu ses chiffres exploser l’an dernier, passant de 60 victimes de viol en 2012 à 94 en 2013. "Ce sont des enquêteurs spécialisés et expérimentés, dans une structure qui aide à libérer la parole", indique un gendarme.

Une parole des victimes qui est au cœur du combat de ceux qui luttent contre les abus sexuels infligés aux mineurs. À Montpellier, Me Emmanuelle Carretero est depuis 25 ans la responsable de l’association Enfance et Partage (2).

Les enfants de moins de 8 ans les plus touchés

"Au départ, c’étaient essentiellement de la violence physique, des coups, des brûlures... Petit à petit, les violences sexuelles ont pris le pas." Selon elle, "dans 75 % des cas, cela se passe dans le cadre familial : père, oncle, beau-père. Cela touche tous les milieux sociaux et géographiques. C’est cela qui est effrayant. Les victimes sont surtout les jeunes enfants, jusqu’à l’âge de huit ans, et les filles sont davantage visées que les garçons".

Enfance et Partage, comme d’autres structures intervenant sur ce terrain, agit sur la prévention mais aussi sur la réparation. "Nous prenons en charge financièrement l’accompagnement psychothérapeutique des enfants victimes. Il faut qu’ils en bénéficient le plus rapidement possible pour leur montrer qu’on les croit et qu’on peut les aider."

"On est à mille lieues d’imaginer les ravages que cela peut créer sur un enfant"

Une nécessité d’autant plus cruciale que l’actualité judiciaire le montre régulièrement : le risque que la victime se transforme en bourreau n’est pas à écarter. "On est à mille lieues d’imaginer les ravages que cela peut créer sur un enfant. Il faut faire en sorte que ce qu’ils ont vécu devienne une force et qu’ils puissent ensuite aider les autres."

Et aussi continuer inlassablement à aborder le sujet pour aider les petites victimes à parler : le clip ci-dessous intitulé "Un enfant n’est jamais consentant" sera diffusé à partir du 28 janvier sur une quinzaine de chaînes de télévision, à l’initiative du Collectif féministe contre le viol.

(1) Selon les chiffres de l’observation national de la délinquance et des réponses pénales.
(2) Enfance et Partage à Montpellier : 04 67 60 30 30
Source : http://www.midilibre.fr/2014/01/24/un-mineur-viole-tous-les-trois-jours-dans-l-herault,812757.php

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